INTERVIEW de l'Artiste Philippe LONZI:    


 

Comment définissez vous votre travail de sculpteur:

Je suis en fait en permanente recherche de nouvelles créations,  heureusement que l ’acier ne fait pas grossir,  je serais énorme,  je suis un boulimique de la ferraille. Je vis avec des « flashs » permanents de nouvelles sculptures,  je les fais virevolter dans mon esprit et,  si elles me séduisent,  je fonce à l ’atelier pour les réaliser,  au plus vite.

L ’acier est votre élément,  comment et sous quelle forme le traitez vous ?

Je n ’aime pas trop ce qui existe déjà,  alors j ’ai eu l ’idée d ’utiliser cette matière pas très noble,  sous sa forme la plus brute,  j ’adore les bleutés de la calamine qui la recouvre en sortie du laminoir,  je n ’utilise que de l ’acier neuf,  comme la page vierge de l ’écrivain,  je me contente de la fondre avec une torche,  j ’évite de trembler,  d ’éternuer,  voir de rire,  là est ma difficulté.

Quelles sont les types d ’oeuvres que vous réalisez, vous avez des projets ?

Sûrement par manque de courage,  je ne fais que des oeuvres allant de 50 cm à 2 mètres,  après c ’est vite lourd.  Je ne me vois pas du tout travailler sur une nacelle à 20 mètres du sol,  les tremblements de mon corps détruiraient toutes mes soudures.  Pour les projets,  j ’ai conçu un pied tournant et éclairé qui permet de créer des sculptures encore plus légères,  faites d ’ombre et de lumière,  c ’est bon pour mon dos.
 

Vous venez d ’intégrer la GALERIE CC en tant qu ’artiste permanent, cela vous inspire t il voir modifier votre travail ?

Je suis très heureux d ’apprendre que mon travail séduit à ce point la responsable de la galerie d'AIGUESMORTE et qu ’elle m ’ajouté à ses excellents artistes permanents,  j ’en suis très fier,  mon travail déviera tout naturellement,  au fil du temps et au grès de la petite folie qui m’anime,  tous en conservant un gros brin de lucidité,  Si mes sculptures devaient plaire à un grand nombre d ’amateurs,   je serais vraiment comblé.






 

BIOGRAPHIE de Philippe LONZI:

 

C’est en 1955, le 22 août précisément à 4h55 que, dans un hôpital parisien, Philippe LONZI est né.

Les oreilles décollées, le regard écrasé par une timidité maladive, il attendit patiemment l’age de 2 ans pour marcher et celui de 5 ans pour dire son premier mot.

Mais le judicieux croisement des planètes du moment de sa naissance n’avaient pas dit leur dernier mot. Philippe LONZI  était LION ascendant LION.

C’est tranquillement mais sûrement que son intérieur, totalement en contradiction avec son extérieur, commença un combat sans merci.

A 8 ans, il étudiait déjà, dans les allées d’un grand magasin parisien de bricolage, les outils qui deviendraient ses futurs jouets.

A 9 ans, Philippe LONZI avait déjà réquisitionné une grande partie de la maison de ses parents et son outillage manuel aurait pu rendre jaloux le maréchal ferrant du village.

Les années qui suivirent ne furent pas perturbées pas ses études qui restèrent toujours longues mais très primaires. Il n’y accorda que le temps et l’énergie minimum pour conserver son droit de manger et de dormir au chaud.

Avec le reste de ses économies, Philippe LONZI acheta sa première voiture en promotion dans une casse de MONTLERY. Un brave monsieur venait de faire un tonneau avec une grosse voiture toute neuve, elle fumait encore quand le camion gru la déposa, délicatement, devant la maison de ses pauvres parents.

L’opération de redressement fut longue et l’absence de contrôle technique, à l’époque, lui permit de rouler avec un véhicule de luxe des 19 ans. C'était sa première sculpture.

NÎMES fut sa première ville d’accueil ou Philippe LONZI monta une entreprise d’électronique basée sur un BREVET. La suite fut une vie tourmentée faite de créations et de séparation, d’enfants, il en a trois et de lassitude pour arriver, enfin, à la rencontre qui devait bouleverser sa vie.

Nathalie MOLIN; Une ARTISTE, fille d’ARTISTE, gigantesque et discrète, délirante et fine, belle et passionnée. Tout quoi !

Les années qui suivirent furent complicité et bonheur, dans la vie comme dans l’expression.

A UZES, Nathalie avait commencé, seule, la transformation d’un ancien garage Citroën en LOFT avec, en rez de chaussé, un bel espace.

C’est après plus de 7 ans de travail en commun entre ces deux artistes que LA GALERIE de la FONTAINE est née à UZES.

A quelques dizaines de mètres, Philippe LONZI décida de se réveiller, il reconstitua un atelier digne de ce nom en réunissant anciens jouets de jeunesse et outils performant. Une explosion intérieure longtemps contenue lui permis de faire sa première exposition en décembre 2007en même temps que l’exposition les nouvelles toiles de Nathalie.

En 2009, ils achetèrent un vieux moulin au bord du gardon.
Ils le transformeront pendant plus de 18 mois intenses en un lieu étonnant mélangeant l'ART et la restauration.

Le MOULIN des ARTISTES est né voir www.lemoulindesartistes.fr

Mais, fin d'année 2014, Nathalie décida de se séparer de son complice le Sculpteur.
Philippe encaissa ce choc et considéra que cette totale liberté imprévue devait être le déclic pour véritablement se déchainer dans sa passion.

Il déplaça son atelier dans un lieu industriel ou l'espace ne sera plus une contrainte pour réaliser des pièces importantes.

Début 2016,  il eut envie de vérifier si la peinture lui donnerait la même satisfaction que la sculpture.
Comment savoir si on sait peindre si on essaye pas.

C'est devenu aujourd'hui pour Philippe LONZI un deuxième moyen de décharger son besoin permanent  de création.

Mais la conjoncture ne fait pas de cadeau, le 3 janvier 2017, Philippe LONZI décida de fermer simplement le MOULIN des ARTISTES pour se consacrer uniquement à ses créations, son inépuisable source de moments intenses.

La suite n'est pas écrite mais certainement déjà tracée.